Vous divorcez à l'amiable et vous avez un prêt immobilier en commun ? L'assurance emprunteur est souvent le grand oublié des négociations. Pourtant, ne rien faire après votre séparation peut avoir des conséquences graves : vous restez solidairement engagé, vous continuez à payer pour quelqu'un que vous ne protégez plus, et votre banque peut bloquer toute désolidarisation. Nous vous guidons, étape par étape, pour sortir sereinement de ce contrat commun.
En bref :
- En 2026, la loi Lemoine (loi n° 2022-270 du 28 février 2022) permet de résilier ou substituer une assurance emprunteur à tout moment, sans frais ni pénalité.
- Le délai de traitement d'une demande de substitution d'assurance est de 10 jours ouvrés pour la banque, selon l'article L.313-31 du Code de la consommation.
- Le coût d'une nouvelle assurance emprunteur individuelle oscille entre 0,10 % et 0,65 % du capital restant dû selon votre profil de santé et votre âge.
- Sans action de votre part, vous restez co-assuré et solidaire du remboursement du prêt, même après la signature de votre convention de divorce.
Qu'est-ce que l'assurance emprunteur dans le cadre d'un divorce amiable ?
L'assurance emprunteur est un contrat souscrit lors d'un prêt immobilier. Elle garantit le remboursement du crédit en cas de décès, d'invalidité ou d'incapacité de travail de l'emprunteur. Lorsqu'un couple souscrit un prêt ensemble, les deux époux figurent généralement sur ce contrat à titre de co-assurés.
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Dans le cadre d'un divorce par consentement mutuel (prévu aux articles 229-1 à 229-4 du Code civil), la question de l'assurance emprunteur se pose dès que le couple décide du sort du bien immobilier. Vendre, racheter la part de l'autre ou maintenir une indivision temporaire : chaque scénario implique un traitement différent de l'assurance.
Il est fondamental de comprendre que la signature de la convention de divorce ne résilie pas automatiquement l'assurance emprunteur. Ce contrat est lié au prêt, et non au statut matrimonial. Seule une démarche explicite auprès de l'assureur et de la banque permet de modifier ou de mettre fin à la couverture commune.
Pourquoi l'assurance emprunteur est un enjeu clé lors de votre séparation
Beaucoup de couples en cours de divorce concentrent toute leur énergie sur la convention de partage et la désolidarisation du crédit. L'assurance emprunteur passe au second plan. C'est une erreur qui peut coûter cher, financièrement et humainement.
Question : Que se passe-t-il si on ne résilie pas l'assurance emprunteur après un divorce ?
Réponse : Si vous ne résiliez pas l'assurance emprunteur commune, vous continuez à payer des cotisations pour un co-assuré qui n'est plus votre conjoint. En cas de décès ou d'invalidité de votre ex-époux, c'est lui (ou ses héritiers) qui bénéficient de la garantie, pas vous. Par ailleurs, vous restez lié contractuellement à une personne avec laquelle vous n'avez plus de lien juridique, ce qui peut créer des conflits en cas de sinistre.
Concrètement, voici les risques en cas d'inaction :
- Sur-cotisation inutile : vous payez pour une couverture inadaptée à votre nouvelle situation.
- Risque de litige en cas de sinistre : l'assureur peut contester la prise en charge si la situation du co-assuré a changé sans déclaration.
- Blocage de la désolidarisation du prêt : la banque peut refuser de retirer l'un des co-emprunteurs si l'assurance n'est pas mise à jour.
- Maintien d'une solidarité financière : vous restez exposé aux dettes de votre ex-conjoint liées au prêt.
Selon les données du Comité consultatif du secteur financier (CCSF), plus de 40 % des emprunteurs divorcés ne modifient pas leur contrat d'assurance dans les 6 mois suivant leur séparation. Ce chiffre illustre l'ampleur du problème.
Les trois scénarios possibles selon le sort du bien immobilier
La démarche à suivre pour l'assurance emprunteur dépend directement de ce que vous décidez de faire du bien immobilier dans votre convention de divorce. Il n'existe pas une seule solution universelle : tout dépend de votre situation familiale et patrimoniale.
Scénario 1 : Vous vendez le bien
Si vous vendez le logement, le prêt est remboursé par anticipation lors de la vente. L'assurance emprunteur prend automatiquement fin avec le remboursement du crédit. Aucune démarche spécifique n'est nécessaire, sauf vérifier qu'aucune cotisation n'est prélevée après la date de remboursement. Pensez à demander une attestation de fin de contrat à votre assureur.
Scénario 2 : L'un des époux rachète la part de l'autre (rachat de soulte)
C'est le scénario le plus complexe pour l'assurance. L'époux qui conserve le bien doit :
- Obtenir la désolidarisation du prêt (retrait du co-emprunteur).
- Résilier le contrat d'assurance commun.
- Souscrire une nouvelle assurance individuelle à son nom.
- Faire valider la nouvelle assurance par la banque (équivalence des garanties requise).
L'époux qui quitte le prêt doit s'assurer par écrit que son nom est bien retiré du contrat d'assurance. Sans confirmation écrite de l'assureur, la résiliation n'est pas opposable.
Scénario 3 : Vous maintenez une indivision temporaire
Si vous gardez le bien en indivision (par exemple, pour attendre que les enfants grandissent), le contrat d'assurance peut être maintenu en l'état dans un premier temps. Cependant, il est recommandé d'ajuster les quotités (la part de capital garantie pour chaque assuré) pour refléter votre nouvelle situation. Vous pouvez aussi opter pour deux contrats individuels distincts.
Comment résilier ou substituer votre assurance emprunteur : la procédure pas à pas
Grâce à la loi Lemoine du 28 février 2022, vous pouvez désormais changer d'assurance emprunteur à tout moment, sans attendre de date anniversaire. Cette loi a considérablement simplifié les démarches pour les personnes en situation de divorce.
Question : Peut-on résilier une assurance emprunteur pendant un divorce sans l'accord de l'autre époux ?
Réponse : Non, en principe, les deux co-assurés doivent donner leur accord pour modifier ou résilier un contrat d'assurance commun. Toutefois, si le tribunal ou la convention de divorce attribue le bien à l'un des époux, cet époux peut agir seul pour souscrire une nouvelle assurance individuelle, à condition que la banque valide la désolidarisation du prêt au préalable.
Voici la procédure détaillée :
- Étape 1 – Informez votre banque : Signalez votre divorce en cours et votre intention de modifier l'assurance. Demandez un état des garanties actuelles et les conditions d'équivalence requises.
- Étape 2 – Obtenez un devis individuel : Comparez les offres d'assurance individuelle auprès de plusieurs assureurs. Vérifiez que les garanties proposées sont au moins équivalentes à celles de votre contrat actuel (critères CCSF).
- Étape 3 – Envoyez votre demande de substitution : Adressez à votre banque une lettre recommandée avec accusé de réception, accompagnée du nouveau contrat d'assurance. La banque dispose de 10 jours ouvrés pour accepter ou refuser (article L.313-31 du Code de la consommation).
- Étape 4 – Obtenez la confirmation écrite : Une fois la substitution acceptée, demandez une confirmation écrite de la résiliation de l'ancien contrat et de la mise en place du nouveau.
- Étape 5 – Vérifiez vos prélèvements : Assurez-vous qu'aucune double cotisation n'est prélevée pendant la période de transition.
Tableau comparatif des options d'assurance emprunteur en cas de divorce
| Situation | Option recommandée | Délai de traitement | Coût estimé 2026 | Niveau de complexité |
|---|---|---|---|---|
| Vente du bien | Résiliation automatique au remboursement | 0 à 30 jours après vente | 0 € (inclus dans le remboursement) | Faible |
| Rachat de soulte (vous gardez le bien) | Nouvelle assurance individuelle + substitution | 10 à 30 jours ouvrés | 0,10 % à 0,45 % du capital restant dû / an | Élevée |
| Rachat de soulte (vous quittez le bien) | Résiliation de votre quote-part | 10 jours ouvrés (banque) | 0 € (fin de votre engagement) | Moyenne |
| Indivision maintenue | Ajustement des quotités ou deux contrats distincts | 15 à 45 jours | Variable selon les quotités choisies | Moyenne |
| Contrat groupe bancaire → délégation | Délégation d'assurance (assureur externe) | 10 jours ouvrés | Économie moyenne de 30 à 50 % sur la cotisation | Moyenne |
Les coûts réels d'une nouvelle assurance emprunteur individuelle en 2026
Lorsque vous souscrivez une nouvelle assurance emprunteur individuelle après votre divorce, le coût dépend de plusieurs facteurs : votre âge, votre état de santé, votre profession et le montant du capital restant dû.
Question : Combien coûte une assurance emprunteur individuelle après un divorce en 2026 ?
Réponse : En 2026, une assurance emprunteur individuelle coûte en moyenne entre 0,10 % et 0,65 % du capital restant dû par an. Pour un capital restant dû de 150 000 €, cela représente entre 150 € et 975 € par an, soit entre 12,50 € et 81,25 € par mois. Les profils jeunes et en bonne santé bénéficient des taux les plus bas.
Voici les principaux facteurs qui influencent le tarif :
- L'âge : un emprunteur de 35 ans paiera en moyenne 2 à 3 fois moins qu'un emprunteur de 55 ans.
- L'état de santé : le questionnaire médical peut entraîner des surprimes ou des exclusions de garantie.
- La quotité choisie : 100 % sur votre seule tête est la couverture maximale recommandée si vous êtes seul emprunteur.
- Le type de garanties : décès seul, ou décès + PTIA + ITT + IPT selon votre profil professionnel.
La convention AERAS (s'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) protège les personnes ayant eu des problèmes de santé graves. Elle leur permet d'accéder à une assurance emprunteur dans des conditions encadrées, même en cas d'antécédents médicaux.
Pensez à demander un devis comparatif auprès d'au moins trois assureurs avant de signer. Les économies peuvent être substantielles par rapport au contrat groupe de votre banque.
Les erreurs fréquentes à éviter lors de votre divorce amiable
Dans l'urgence d'un divorce, certaines erreurs sont commises de bonne foi mais peuvent avoir des conséquences durables. Voici les pièges les plus courants :
Question : La convention de divorce suffit-elle à désengager un époux de l'assurance emprunteur ?
Réponse : Non. La convention de divorce, même enregistrée chez le notaire, n'a aucun effet juridique direct sur le contrat d'assurance emprunteur. Ce contrat est régi par le Code des assurances et le Code de la consommation, indépendamment du droit de la famille. Une démarche distincte auprès de l'assureur et de la banque est obligatoire.
- Erreur n°1 : Croire que la convention de divorce résilie automatiquement l'assurance. Faux : il faut une démarche explicite.
- Erreur n°2 : Ne pas vérifier les garanties du nouveau contrat individuel avant de résilier l'ancien. La banque peut refuser une assurance aux garanties insuffisantes.
- Erreur n°3 : Oublier de demander une confirmation écrite de la résiliation à l'assureur. Sans ce document, des cotisations peuvent continuer à être prélevées.
- Erreur n°4 : Agir seul sans informer votre ex-conjoint. Si le contrat est commun, toute modification doit être coordonnée ou juridiquement encadrée.
- Erreur n°5 : Ne pas inclure la question de l'assurance emprunteur dans la convention de divorce. Votre avocat peut rédiger une clause spécifique sur ce point.
Votre avocat spécialisé en divorce amiable peut vous aider à intégrer ces démarches dans votre convention. N'hésitez pas à lui poser la question dès le début de la procédure. Si vous souhaitez être accompagné, demandez un devis gratuit sur Mon Divorce Amiable pour évaluer votre situation.
Droit au deuil de risque aggravé : ce que prévoit la loi pour votre protection
La loi Lemoine de 2022 a introduit une avancée majeure : le droit à l'oubli étendu. En 2026, les personnes guéries d'un cancer ou d'une hépatite C depuis plus de 5 ans n'ont plus à le déclarer dans leur questionnaire médical. Ce délai a été réduit de 10 à 5 ans par rapport à la législation précédente.
Pour les personnes divorcées qui souscrivent une nouvelle assurance individuelle, cette évolution est importante. Si vous avez traversé des difficultés de santé pendant votre mariage, vous bénéficiez désormais de meilleures conditions d'accès à l'assurance emprunteur individuelle.
Par ailleurs, depuis le 1er juin 2022, le questionnaire médical est supprimé pour les prêts dont la part assurée est inférieure à 200 000 € et dont le terme intervient avant le 60e anniversaire de l'emprunteur. Cette mesure facilite grandement la souscription d'une assurance individuelle après un divorce pour les profils concernés.
Ces dispositions sont codifiées aux articles L.113-8-1 et suivants du Code des assurances. Votre assureur est tenu de vous informer de vos droits lors de toute demande de souscription.
Ce que vous pouvez faire dès aujourd'hui
Vous n'avez pas besoin d'attendre la signature définitive de votre convention de divorce pour commencer à agir. Voici les premières démarches concrètes à engager dès maintenant :
- Récupérez votre contrat d'assurance emprunteur et identifiez le nom de l'assureur, les garanties souscrites et les quotités de chaque co-assuré.
- Contactez votre banque pour lui signaler votre situation de divorce en cours et lui demander les conditions de désolidarisation du prêt.
- Demandez des devis individuels à au moins trois assureurs pour comparer les offres disponibles sur le marché.
- Parlez-en à votre avocat pour qu'il intègre une clause relative à l'assurance emprunteur dans votre convention de divorce.
- Anticipez le délai de 10 jours ouvrés de réponse de la banque dans votre calendrier de divorce.
Vous n'êtes pas seul(e) face à ces démarches. Les équipes de Mon Divorce Amiable vous accompagnent pour coordonner l'ensemble des aspects patrimoniaux de votre séparation. Obtenez votre bilan personnalisé gratuit et avancez sereinement.
FAQ – Assurance emprunteur et divorce amiable en 2026
Question : Peut-on changer d'assurance emprunteur à tout moment pendant un divorce ?
Réponse : Oui. Depuis la loi Lemoine (loi n° 2022-270 du 28 février 2022), tout emprunteur peut résilier et substituer son assurance emprunteur à tout moment, sans frais ni pénalité. Il suffit de respecter la procédure de substitution et d'obtenir l'accord de la banque dans un délai de 10 jours ouvrés. Le divorce en cours n'est pas un obstacle à cette démarche.
Question : Qui paie l'assurance emprunteur pendant la procédure de divorce amiable ?
Réponse : Pendant la procédure de divorce amiable, qui dure en moyenne 3 à 6 mois, les cotisations d'assurance emprunteur continuent d'être prélevées selon les modalités initiales du contrat. Si le prêt est remboursé conjointement, les deux époux contribuent selon les termes de leur accord. Il est recommandé de définir clairement ce point dans la convention de divorce pour éviter tout litige ultérieur.
Question : La banque peut-elle refuser la résiliation de l'assurance emprunteur lors d'un divorce ?
Réponse : La banque ne peut pas refuser la résiliation de l'assurance si vous proposez un contrat de substitution présentant des garanties équivalentes, conformément à l'article L.313-31 du Code de la consommation. En revanche, elle peut refuser si les garanties du nouveau contrat sont insuffisantes ou si la désolidarisation du prêt n'a pas encore été actée. En cas de refus injustifié, vous pouvez saisir le médiateur bancaire.
Question : Faut-il un notaire pour modifier l'assurance emprunteur lors d'un divorce amiable ?
Réponse : Non. La modification de l'assurance emprunteur ne nécessite pas l'intervention d'un notaire. Elle se fait directement entre vous, votre assureur et votre banque. En revanche, si la modification de l'assurance est liée à un rachat de soulte ou à un transfert de propriété, le notaire intervient pour l'acte de partage immobilier, mais pas pour le contrat d'assurance lui-même.
Question : Que devient l'assurance emprunteur si l'ex-conjoint décède avant la fin du divorce ?
Réponse : Si le divorce n'est pas encore prononcé et que l'ex-conjoint décède, les garanties du contrat d'assurance s'appliquent selon les termes initiaux. La prestation est versée à la banque pour rembourser le capital restant dû. Si une quotité couvrait le co-emprunteur décédé, le prêt est partiellement ou totalement remboursé selon cette quotité. C'est pourquoi il est crucial de ne pas résilier prématurément l'assurance sans avoir souscrit un contrat individuel de remplacement.
Question : Peut-on inclure des dispositions sur l'assurance emprunteur dans la convention de divorce amiable ?
Réponse : Oui, et c'est même fortement recommandé. La convention de divorce par consentement mutuel (article 229-1 du Code civil) peut inclure une clause précisant qui prend en charge les démarches de résiliation ou de substitution de l'assurance emprunteur, dans quel délai, et qui supporte les cotisations pendant la période de transition. Cette clause n'a pas d'effet direct sur l'assureur, mais elle engage les époux entre eux et peut servir de base en cas de litige.